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L'histoire de nos sociétés carnavalesques est peu ou mal connue. On ne parvient à l'établir qu'en recourant, la plupart du temps, à des témoignages oraux souvent imprécis, parfois contradictoires. Les documents écrits (compte-rendu de séances, budget, comptes,...) n'ont pas toujours été transmis d'une génération à l'autre.
Après quelques années, les Présidents, Secrétaires, Trésoriers n'ont pas nécessairement cru devoir conserver ces "archives" qu'ils considéraient comme "papiers inutiles".
Heureusement, un article paru le 31 janvier 1937 dans le journal "Le Centre" et dû à Max Fondu, un ancien Récalcitrant, relatait l'interview de feu Emile Delhalle (dit Camille du Sodart) qui fut l'un des fondateurs de la société et qui fit le gille de très nombreuses fois. Comme Monsieur Samuel Glotz le souligne, dans la première partie de ce siècle, on baptisait encore les sociétés du nom du tenancier du local, siège de la société. On pouvait retrouver les Gilles "Quertinmont", les "Nouveau", de "Chez Navir", de "Chez Haubruge",...
La première originalité des "Récalcitrants" est le nom choisi par leurs fondateurs.
Dans son interview, M. Delhalle précise que son ancienne société avait son local chez Paul Lebeau, tenancier du café "Au Porc Gras". Il s'agit de l'actuel café "Le Rondeau" situé sur la Grand'Place et dont la façade est toujours marquée de l'enseigne "Au Porc".
Il ajoute qu'à l'époque, c'est-à-dire dans les dernières années du 19ème siècle, la mise était de 20 francs pour les Gilles et que cette somme donnait le droit de participer à un banquet qui avait lieu quelques semaines après le Carnaval. Estimant cette cotisation excessive et ne désirant plus être sous l'autorité d'un cafetier, plusieurs membres de la société se réunirent avec l'intention de se séparer de cette société. Au cours d'une assemblée, Fernand Deprez fut le porte-parole du groupe dissident, il eut une discussion avec Léon Deprez, son frère, président de la société mise en cause.
La décision de ceux qui s'en allaient devenait irrévocable. Oubliant qu'il vaut mieux saluer une naissance que de déplorer une disparition, le tenancier du local qu'ils quittaient lance alors aux dissidents :
‘Vos n'asté qu'ène binde de Récalcitrants !’
Il n'en fallut pas davantage : la nouvelle société avait trouvé son nom : "Les Récalcitrants".
Propos recueillis par Samuel Glotz et Adelson Garin